L’hospitalisation d’un enfant

« Si un séjour à la clinique est planifié, quelques conseils et points de vue pour que son séjour se prépare bien.

Doit-on expliquer à son enfant pourquoi il se fait opérer ?

Les enfants sont en âge de comprendre bien des choses dès leur plus jeune âge. Il est très important de lui dire qu’il va se faire opérer, qu’il va être séparé de ses parents pendant quelques heures, mais qu’après il vous retrouvera. Bien sûr, tout ce discours doit être adapté à l’âge de l’enfant, et l’explication ne sera pas la même à 6 mois, à 3 ans ou à 12 ans, mais quel que soit l’âge, il y a toujours à gagner à être franc avec lui.

Il est essentiel qu’il comprenne que personne ne lui veut du mal, bien au contraire. Et surtout, n’hésitez pas à valoriser son courage, cela l’aidera à passer le cap !

Soyez honnête et utilisez des explications simples, que votre enfant peut comprendre, pour le mettre à l’aise. Demandez lui ce qu’il sait déjà et s’il a des questions. Cela permettra de clarifier toute information erronée qu’il pourrait avoir. Souvenez-vous que même si vous êtes inquiet ou nerveux, votre enfant n’a pas besoin de le savoir.

Faut-il que je le prépare d’une façon spéciale ?

La préparation de votre enfant comporte 2 temps : la préparation psychologique, et la préparation physique.

Sur le plan psychologique, il est indispensable de lui expliquer pourquoi il va se faire opérer et l’intérêt qu’il va en retirer, quelles seront les phases de cette journée, vous avez à votre disposition un petit livret remit par l’anesthésiste (« Je vais me faire opérer »).

La façon dont les enfants se comportent dépend souvent de ceux qui les entourent, surtout leurs parents. Si vous montrez votre inquiétude ou votre peur, votre enfant risque d’adopter la même attitude. En d’autres termes, il aura peur et sera lui aussi inquiet. Si, malgré leur inquiétude, les parents peuvent demeurer calmes et courageux, l’enfant fera probablement de même.

Cela n’est toutefois pas toujours facile. Essayez de vous rappeler que votre enfant excelle à déceler vos sentiments et que cela peut avoir une incidence sur la façon dont il supportera le fait d’être à l’hôpital en attendant l’opération.

Une façon de contrôler vos peurs et votre inquiétude est de vous armer de connaissances.

Apprenez-en autant que vous le pouvez sur l’état de votre enfant, sur l’opération, et sur ce à quoi vous attendre pour le rétablissement qui suivra. Essayez aussi de savoir ce que votre enfant risque de ressentir avant, pendant et après l’opération. Souvent, la peur et l’inquiétude viennent de l’inconnu. Une fois que vous savez à quoi vous attendre, même s’il ne s’agit pas toujours de bonnes nouvelles, vous vous sentirez mieux -beaucoup mieux qu’en ne sachant pas ce qui se passe.

Selon la durée et la complexité de l’opération, cela peut demander des efforts pour comprendre ce qui se passe et ce qui est susceptible de se produire. Mais vous n’êtes pas seul. Les médecins, le chirurgien, l’anesthésiste et l’infirmier vous expliqueront leur rôle dans le traitement de votre enfant.

Vous pouvez aussi :

Si votre enfant le peut, demandez-lui de faire un dessin à propos du fait qu’il doit aller à l’hôpital et rédigez une histoire à ce sujet au fur et à mesure qu’il vous la raconte. Puis discutez du dessin avec lui et lisez-lui son histoire.

Jouez à l' »hôpital » avec des poupées ou des marionnettes, ou encore des animaux en peluche avant et après l’opération. Cela peut aider votre enfant à comprendre ce qui se passe et à y faire face, et cela peut vous indiquer comment il se sent.

Apportez un jouet favori, une poupée, une sucette ou une couverture dans la salle d’opération et dites à votre enfant qu’il sera là lorsqu’il se réveillera après l’opération. Votre enfant pourrait apprécier vous aider à préparer ces objets avant de se rendre à l’hôpital.

Expliquez à votre enfant qu’il ne sentira, ne verra et n’entendra rien pendant l’opération, car il aura reçu un « médicament spécial » appelé un anesthésique. Il ne se réveillera pas pendant l’opération, mais après.

Sur le plan physique, il faut s’assurer la veille de l’intervention de son état de propreté, et le jour de l’intervention qu’il soit bien à jeun depuis l’heure stipulée par le chirurgien ou l’anesthésiste.

On m’a dit de le laisser à jeun, mais est-ce que je peux lui donner de l’eau ?

NON, à jeun veut dire « ni boire, ni manger, ni fumer (pour les grands), ni même un bonbon ou un chewing-gum, ni la tétine et éviter le pouce ». Cette nécessité d’être complétement à jeun est un impératif de sécurité pour l’induction de l’anesthésie. Si l’estomac contient quelque chose, lors du début de l’anesthésie, il peut y avoir des réflexes de vomissement, et le contenu de l’estomac pourrait se déverser dans les poumons avec un risque vital important.

Si on découvre qu’il a pris quelque chose avant l’intervention, celle-ci sera purement et simplement annulée. Si il a pris quelque chose à notre insu et qu’on ne le découvre pas, il existe un risque vital majeur pour votre enfant.

Est-ce que je pourrais aller en salle de réveil ?

La salle de réveil se trouvant dans le bloc opératoire, cela n’est pas possible. Il n’est d’ailleurs pas toujours souhaitable, pour votre enfant et pour vous même, que vous soyez là au moment du réveil de votre enfant.

Est-ce que je pourrais rester avec lui jusqu’à ce qu’il s’endorme ?

Non, il va être endormi en salle d’induction. Ces endroits sont situés dans le bloc opératoire, auquel vous n’avez pas accès ; c’est mieux pour votre enfant, pour vous et pour nous.

Est-ce que je pourrais l’accompagner jusqu’au bloc opératoire ?

Nous conseillons aux parents de rester dans la chambre, et de ne pas accompagner leur enfant jusqu’au maximum… En effet, la séparation produit toujours une inquiétude chez l’enfant, et plus elle est à distance de l’anesthésie, plus celle-ci pourra se passer dans le calme. Le brancardier et les infirmières de salle d’opération sont habitués et sauront le consoler (peut être pas comme vous, mais bien tout de même…).