La cornée et la greffe de cornée

EN BREF

La cornée est la fenêtre par laquelle les images du monde extérieur pénètrent dans l’œil. Elle est transparente et située à la surface de œil.
Les principales maladies de la cornée sont :

  • Les infections : virus (en particulier l’herpès qui peut récidiver, le zona), bactéries, champignons (mycoses) , amibes
  • Le kératocone : déformation et amincissement de la cornée de cause inconnue.
    Pour plus d’information, voir le site de l’association kératocone, et le site du centre de référence national du kératocône.
  • Les autres dystrophies cornéennes : maladies constitutionnelles parfois génétiques
  • Les traumatismes : mécaniques (chocs), chimiques (projections de produit chimique), thermiques (brulûre), ultraviolets (coup d’arc des soudeurs)
  • Les conséquences d’une sécheresse oculaire, d’une diminution de la sensibilité de la cornée, d’une maladie des paupières, la présence de lentilles de contact inadaptées ou mal entretenues, etc…
  • Le ptérygion : la conjonctive « empiète » sur la périphérie de la cornée
  • Les maladies de l’endothélium cornéen, et en particulier la décompensation endothéliale.

QU’EST-CE QUE LA GREFFE DE CORNÉE ?

Il y a greffe de cornée lorsque la cornée est devenue opaque ou qu’elle est perforée. Dans le premier cas, la greffe permet de récupérer la vue, dans le second de restaurer l’anatomie du globe oculaire

cornee  Fil plus fin qu’un cheveu, utilisé pour la greffe de cornée

A QUEL AGE PEUT-ON BÉNÉFICIER D’UNE GREFFE DE CORNÉE ?

Techniquement, la greffe de cornée est possible à tout âge. Certaines pathologies du nouveau-né, notamment malformatives, peuvent bénéficier d’une greffe de cornée pour permettre le développement visuel. De la même façon, au-delà de 90 ans, la greffe de cornée reste possible sous anesthésie locale. Le point capital est plutôt de juger de la pertinence d’un tel geste et d’apprécier le bénéfice fonctionnel qu’apportera cette intervention en fonction de l’état visuel préopératoire, de l’état général et de l’autonomie du patient.

QUELS SONT LES FACTEURS CONDUISANT A UNE GREFFE DE CORNEE?

Les raisons d’une greffe sont diverses :

  • la dystrophie de cornée : La cornée est, dans les conditions normales, transparente. De nombreux facteurs peuvent altérer cette transparence : œdème, sécheresse grave, infiltration cellulaire, vascularisation et cicatrice. Les causes possibles de dystrophie de la cornée sont donc très nombreuses. Certaines peuvent être congénitales (dystrophie de Cogan…), d’autres sont acquises (traumatismes, herpès…).
  • l’œdème de cornée : pour garder sa transparence, la cornée est maintenue dans un état de relative deshydratation grâce à l’étanchéité de sa dernière couche cellulaire : l’endothélium cornéen. Une altération de cet endothélium peut entraîner la pénétration de l’humeur aqueuse dans la cornée qui devient alors œdémateuse.
  • le kératocône : maladie parfois héréditaire, le kératocône est provoqué par une anomalie de certains composants de la cornée (collagène). Elle entraîne un amincissement et une ectasie de la cornée. Le kératocône est pratiquement toujours bilatéral mais souvent asymétrique. Il apparaît en général dans la deuxième décade de la vie, se révélant par un astigmatisme cornéen croissant. Au début, ce dernier peut être corrigé par des lentilles de contact rigides mais, aux stades évolués, seule la greffe de cornée permet de restaurer la fonction visuelle.
  • l’herpès cornéen : le virus de l’herpès sensibilise près de 90% de la population adulte en France, mais bien peu présentent des signes cliniques. Le virus a la particularité de rester quiescent (au repos) dans certains ganglions neurologiques. Dans certaines conditions (diminution des défenses immunitaires), il provoque des récurrences (labiales, oculaires, génitales). La kératite herpétique est l’atteinte la plus typique. En cas de nombreuses poussées, des cicatrices apparaissent qui, si elles sont situées au centre de la cornée, peuvent baisser la vision.
  • les kératites amibiennes : l’atteinte de la cornée par les amibes (parasites unicellulaires) est très grave et le plus souvent due à de mauvaises conditions d’hygiène dans la manipulation des lentilles cornéennes (notamment lavage à l’eau du robinet). De nombreux mois de traitement sont nécessaires pour venir à bout de cette infiltration, avec souvent de graves séquelles cornéennes.
  • les abcès de cornée : il s’agit de l’infection profonde de la cornée par des agents infectieux, le plus souvent bactériens, mais aussi mycosiques ou parasitaires. Le traitement antibiotique local pour stériliser ces foyers est lourd et long. Des cicatrices sur la cornée peuvent rester.

QUELS SONT LES DIFFÉRENTES TECHNIQUES DE GREFFE ?

  • la greffe classique : le greffon provient d’un donneur décédé les jours précédant l’intervention. C’est une greffe totale.
  • la kératoplastie lamellaire : greffe partielle, elle laisse en place l’arrière de la cornée du receveur (le plan postérieur).
  • la kératoprothèse : elle est pratiquée lorsqu’une greffe simple ne suffit pas. C’est une prothèse artificielle plus grande qui remplace toute la partie avant de l’œil.

Pour un plus grand confort opératoire, l’anesthésie est le plus souvent générale. Mais cette chirurgie peut tout à fait se dérouler sous anesthésie locale. L’intervention varie entre 30 et 40 minutes selon les cas.

CONSULTATION EXTERNE, CHIRURGIE AMBULATOIRE OU HOSPITALISATION ?

L’hospitalisation est indispensable. Elle est de 3 à 4 jours, temps nécessaire pour s’assurer de l’absence de rejet précoce du greffon et de l’absence d’hypertension de l’œil.

EN COMBIEN DE TEMPS RÉCUPÉRÉ-T-ON UNE VUE CORRECTE ?

Après une greffe de cornée, l’éclaircissement du greffon est obtenu entre quelques jours et deux à trois semaines. Au fur et à mesure, la vision devient plus claire mais reste souvent encore floue car un verre provisoire n’est prescrit qu’au bout de quelques semaines. Dans les mois qui suivent une greffe, un ajustement des sutures est parfois nécessaire pour réduire le plus possible l’astigmatisme postopératoire. L’ablation de certaines sutures n’est réalisée que tardivement, environ 15 à 18 mois après la greffe de cornée initiale.

EXISTE-T-IL DES EFFETS SECONDAIRES OU DES COMPLICATIONS ?

Les procédures rigoureuses de sélection des donneurs limitent au maximum les probabilités de transmissions infectieuses. On peut énoncer le risque rarissime d’hémorragie endoculaire (à l’intérieur de l’œil) ou de décollement de rétine. D’autres complications sont possibles comme le rejet du greffon (malgré les tests sanguins de compatibilité donneur/receveur), les ruptures des sutures, les récurrences herpétiques sur la greffe. Enfin, les variations de l’astigmatisme peuvent réclamer un geste chirurgical complémentaire.

QUELLES PRÉCAUTIONS PRENDRE APRES L’INTERVENTION ?

La greffe de cornée nécessite une surveillance régulière en postopératoire pour dépister au plus tôt un début de rejet du greffon. Différents contrôles sont programmés par le chirurgien. Il est également important de suivre scrupuleusement le traitement prescrit et de ne l’interrompre sous aucun prétexte, d’éviter tout traumatisme de l’œil opéré et de ne pas porter de charges trop lourdes.