La cataracte

QU’EST-CE QUE LA CATARACTE ?

La cataracte correspond à l’opacification du cristallin, lentille transparente située à l’intérieur de l’œil et permettant d’obtenir une vision nette. Si l’on compare l’œil à un appareil photographique, le cristallin serait en quelque sorte la lentille de l’objectif. La cataracte est la perte de transparence de cette lentille.
Elle est le plus fréquemment liée au vieillissement et survient généralement à partir de 60 ans. Elle se manifeste souvent sur les deux yeux, de façon asymétrique.
Il existe également d’autres causes moins fréquentes de cataracte, comme les traumatismes de l’œil, le diabète, la prise de certains médicaments. Dans ces cas, la cataracte peut survenir chez l’adulte jeune, voire chez l’enfant. La myopie forte est également un facteur prédisposant. Une cataracte peut aussi être présente dès la naissance. On parle alors de cataracte congénitale.

cataracte

 

 

 

 

 

 

 

QUELS SONT LES PREMIERS SYMPTÔMES ?

La cataracte se traduit par une baisse progressive de la vision surtout de loin, une modification de la perception des couleurs et des contrastes, une sensation d’éblouissement par les lumières vives (en particulier par les phares de voitures lors de la conduite nocturne), voire parfois par une vision légèrement double.

COMMENT TRAITE-T-ON LA CATARACTE ?

Le traitement de la cataracte est exclusivement chirurgical. L’intervention est l’une des plus pratiquées en France (plus de 350 000 opérations en 1998).
Elle est réalisée sous microscope opératoire et consiste à retirer le cristallin devenu opaque et à le remplacer par une lentille synthétique (implant ou cristallin artificiel).
Avant l’intervention, une consultation avec l’anesthésiste permet à ce dernier, en accord avec le chirurgien, de décider du mode d’anesthésie le plus approprié. Un examen complémentaire est également nécessaire pour calculer la puissance de l’implant (biométrie par IOLmaster ou échographie).
Un traitement préopératoire est parfois prescrit par le chirurgien quelques jours avant l’opération.
L’anesthésie est le plus souvent locale, par injections autour de l’œil ou uniquement par instillation de collyres. Une anesthésie générale est parfois indiquée.
La technique chirurgicale la plus fréquemment utilisée, appelée phacoémulsification, consiste, à travers une petite incision réalisée à la partie antérieure de l’œil, à fragmenter et aspirer le cristallin à l’aide d’une sonde à ultrasons. L’enveloppe qui entoure le cristallin, la capsule, est laissée en place. Exceptionnellement (cataracte très évoluée), l’extraction de la cataracte sera réalisée sans ultrason. L’implant est ensuite placé à la place du cristallin, en arrière de la pupille, dans la capsule cristallinienne. Habituellement, l’incision est tunnelisée donc étanche et aucune suture n’est nécessaire. L’intervention dure en général environ 15 minutes.
Dans certaines formes de cataracte, ou lors de la survenue d’incidents peropératoires, le déroulement de l’intervention peut être modifié. Il pourra être nécessaire de placer l’implant en avant de la pupille, ou même de ne pas réaliser l’implantation.

COMBIEN DE TEMPS DURE L’HOSPITALISATION ?

Après l’intervention une immobilisation de quelques heures est nécessaire. L’intervention peut être réalisée en ambulatoire, ou lors d’une hospitalisation qui dure généralement 24 heures. Le mode d’hospitalisation le mieux adapté sera proposé par le chirurgien et le médecin anesthésiste, si possible en tenant compte des souhaits du patient.

QUELLES PRÉCAUTIONS PRENDRE APRES L’INTERVENTION ?

Il convient de suivre rigoureusement le traitement postopératoire (collyres) prescrit par le chirurgien. Une coque de protection à porter la nuit peut être également prescrite. L’œil ne doit être ni rouge, ni douloureux. En cas d’apparition ou d’aggravation d’une rougeur, d’une douleur ou d’une baisse de la vision de l’oeil opéré, il est impératif de prévenir le chirurgien.
Il est également important d’éviter tout traumatisme de l’oeil opéré car le résultat visuel risquerait d’être compromis. En pratique, il faut donc éviter de se frotter l’œil ou les activités à risques (certains bricolages sans protection par exemple). Il convient également d’éviter l’exposition de l’œil aux poussières ainsi que les bains en piscine pendant le mois qui suit l’intervention, afin de prévenir les risques d’infection.
La lecture, la télévision, les déplacements par voiture, train ou avion ne sont pas contre-indiqués.

QUELLE EST L’EVOLUTION POST-OPÉRATOIRE HABITUELLE ?

Dans la plupart des cas, l’acuité visuelle s’améliore dès les premiers jours qui suivent l’intervention. Des lunettes pourront être prescrites au bout de quelques semaines. Le degré de récupération visuelle dépend cependant de l’existence d’autres maladies de l’œil.
Le rythme des visites de contrôle, adapté à chaque situation, est fixé par l’ophtalmologiste. En général, plusieurs visites sont nécessaires durant l’année qui suit l’opération.
Une opacification de la capsule, également appelée cataracte secondaire, survient dans les années qui suivent la chirurgie. Elle entraîne une baisse de vision et son traitement consiste à réaliser une ouverture de la capsule par laser, lors d’une consultation chez l’ophtalmologiste.

EXISTE-T-IL DES EFFETS SECONDAIRES OU DES COMPLICATIONS ?

La chirurgie de la cataracte donne d’excellents résultats fonctionnels mais peut, comme toute chirurgie, s’accompagner de complications.
Ces complications sont rares, mais certaines peuvent entraîner une baisse de la vision et parfois nécessiter une nouvelle intervention.
Les plus graves sont principalement :
• les infections oculaires (1 à 3 cas pour mille), qui doivent être traitées en urgence par antibiothérapie à forte dose
• le décollement de rétine qui survient préférentiellement dans l’année suivant la chirurgie et nécessite une nouvelle opération
• l’œdème central de la rétine, qui évolue le plus souvent vers la guérison en quelques mois
• un trouble de la cornée

CONCLUSION

La chirurgie de la cataracte est une chirurgie bien standardisée qui s’accompagne le plus souvent d’une bonne récupération de la vision, en l’absence d’autres maladies de l’œil.
Les suites opératoires sont généralement simples et les complications sont rares.
Durant les semaines qui suivent l’intervention, tout œil rouge ou douloureux et toute sensation de baisse de vision justifient une consultation en urgence. Dans ce cas, il est nécessaire de prendre contact avec le chirurgien ou l’ophtalmologiste traitant.